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Celle qui faisait pipi sur son territoire

Celle qui faisait pipi sur son territoire

Celle qui faisait pipi sur son territoire

ou comment trouver ce qui nous différencie, simplement

Celle qui faisait pipi sur son territoire

ou comment trouver ce qui nous différencie, simplement

Lucie Le Guen

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6 min de lecture

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Article

Dans notre société, on valorise pas mal l’originalité.

On a tendance à croire que le génie vient d’une découverte originale, que pour se différencier il faut avoir une idée que personne d’autre n’aurait eu.

De mon côté, je pense que la singularité naît plutôt des croisements: ce n’est pas une idée géniale qui apparait un jour mais plutôt l’intersection entre plusieurs territoires existants, qu’on a passé du temps à explorer et que nous seules pouvons relier.

Depuis début mai, j’accompagne 7 femmes (toutes plus géniales les unes que les autres) à trouver leur message, raconter leur histoire et déployer un univers singulier et cohérent, en ligne comme ailleurs.

Et cette semaine, pendant notre séance hebdomadaire, on a parlé de différenciation et de territoire éditorial.

Alors dans cette édition de Foutus Récits, je vous explique ce que c’est qu’un territoire éditorial, comment le construire et surtout, comment l’utiliser pour vous différencier.

Garanti 100% sans agent IA, sans prompt miracle, ni template magique: juste nos petits cerveaux tout beaux et un peu de concentration.

Dessiner votre carte

Dans notre petit microcosme entrepreneurial, on parle beaucoup de ligne éditoriale. Mais moi, ça me parle pas trop: une ligne, ça enferme, ça dirige, c’est droit et sans déviations.

Je préfère parler de territoire éditorial: un territoire, ça s’explore, ça s’étend, c’est plein de chemins qui bifurquent et de forêts inexplorées.

Votre territoire se compose de trois espaces:

  • ce que vous faites: votre métier, la compétence que vous vendez

  • la manière dont vous le faites: votre vision, votre méthode

  • la raison pour laquelle vous le faites: votre objectif, à quoi vous voulez contribuer avec votre travail

Pour le représenter, j’utilise une sorte d’ikigai modifié. Vous savez, ce concept japonais où le croisement de 4 cercles permet d’identifier, au centre, sa raison d’être?

Eh bien le territoire éditorial repose sur un principe similaire.

Voilà comment je le représente:

Votre territoire éditorial c’est donc ces trois espaces (ce que vous faites + comment vous le faites + pourquoi vous le faites) mais aussi tout ce qui se trouve aux intersections.

Et, au centre, se trouve l’espace qui n’appartient à vous: votre message ou votre méthodologie propriétaire.

Beaucoup de personnes font le même métier que vous, beaucoup partagent vos valeurs, beaucoup utilisent les mêmes outils ou méthodes.

Mais la combinaison exacte des trois est beaucoup plus rare.

C’est l’endroit où personne ne peut vraiment vous copier parce qu’il est construit à partir d’une combinaison d’expériences, de références, de convictions et de compétences qui n’existe nulle part ailleurs exactement sous cette forme.

Observer les frontières

Une fois cette première carte dessinée, on va donc lui donner du relief.

Prenons un exemple pour que ce soit plus clair:

Ca, c’est mon territoire éditorial à moi.

On y trouve:

  • ce que je vends: du (personal) branding

  • comment je le fais: en m’appuyant sur des outils issus de la littérature et de la fiction

  • pourquoi je le fais: pour aider les bonnes personnes à peser dans la bataille culturelle, enrichir les débats, ajouter des nuances.

Ces trois thématiques, je les partage avec beaucoup d’autres personnes qui les explorent aussi.

Mais en regardant les zones frontalières, les endroits où deux territoires se rencontrent, je commence à trouver des choses un peu plus singuliers:

  • Si je mêlais uniquement (personal) branding et fiction, je parlerais probablement principalement de storytelling.

  • Si je mêlais uniquement fiction et bataille culturelle, je m’intéresserais davantage aux nouveaux récits et à la manière dont les histoires façonnent notre vision du monde.

  • Et si je mêlais uniquement (personal) branding et bataille culturelle, je ferais sans doute du ghostwriting engagé pour aider certaines idées à circuler davantage.

Bien sûr, tous ces territoires sont déjà habités: ils sont remplis de petites cabanes où vivent des voisins voisines que je suis contente de croiser.

Et quelque part au milieu, il y a un petit bout de terrain qui n’appartient qu’à moi: la Brand Fiction. C’est le nom que j’ai donné à ma méthodologie et le concept qui regroupe tous ces territoires.

Bref, ce qui vous différencie n’est probablement pas un territoire vierge. C’est plutôt un carrefour, un croisement.

Choisir votre chemin

Maintenant que vous disposez d’une carte, il va maintenant être nettement plus simple de trouver votre chemin.

D’abord, ça permet de simplifier la génération d’idées: on ne part jamais de rien.

Dans mon cas par exemple, je vais parler de:

  • (personal) branding: la posture, l’identité, la marchandisation de soi, la construction de marques, la différence entre personne et persona, prendre la parole en ligne, réseaux sociaux…

  • Fiction & narration: livres, films, mythes, voix, rythme, tension, pouvoir du récit, personnages et protagonistes, structures narratives, storytelling…

  • Bataille culturelle: récits politiques, analyses de campagnes, imaginaires dominants, impact du langage, propagande, futurs désirables, nouveaux récits, capitalisme, féminisme, écologie…

  • Brand Fiction: ma méthode, mes offres, les outils que je développe (comme celui-ci, par exemple!), des cas clients, des réflexions..

Mais ça va surtout permettre d’arbitrer entre ces idées.

Pour les personnes (comme moi) qui ont plutôt un problème de gestion que de génération d’idées, cet outil permet de visualiser très rapidement si une idée rentre dans notre territoire ou pas.

Si la réponse est non, 3 options:

→ je la laisse à d’autres, qui ont fait pipi sur ce territoire-là

→ je m’autorise un pas de côté en toute conscience (occasionnellement)

→ je triture le machin jusqu’à trouver un moyen de le faire rentrer, en poussant de toutes mes forces (un peu comme quand on essaie de remettre ce foutu sac de couchage dans la petite housse, vous voyez?)

Si je veux parler d’éducation, je vais peut-être le faire sous l’angle des histoires que je raconte à ma fille ou me demander quels récits dominants influencent nos choix éducatifs.

Si j’ai envie de raconter une anecdote personnelle, je vais me demander ce qu’elle révèle de la façon dont nous construisons nos personnages publics ou quelle est sa dimension politique.

Je peux explorer et m’égarer un peu, mais je sais désormais que je vais facilement retrouver mon chemin 😉

Trois questions:

  • Vous préférez suivre une ligne ou explorer un territoire?

  • Est-ce que vous avez un petit bout de terrain qui n’appartient qu’à vous sur lequel faire pipi? (je vous demande ça sous l’oeil attentif de mes deux chiennes)

  • Est-ce que votre territoire ressemble plutôt à un plan Google Maps ou à une carte de la Terre du Milieu? (je suis toujours en pleine lecture du Seigneur des Anneaux)

Voilà, c’est tout pour moi.

Si vous essayez, écrivez-moi et dites-moi si ça vous aide à mettre un peu de clarté dans la jungle de vos idées. Et surtout, dites-moi à quoi ressemble votre territoire 😊

A très vite,

Lucie.

Lire l’édition sur Foutus Récits →

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8 trucs pour se différencier grâce à ses idées.

Huit lettres virtuelles actionnables (et fun) pour poser les bases d’un positionnement mémorable. Garanti sans séquence de vente interminable à la fin.

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